En effet. Du reste, bien que la notation, qui reste tout à fait enviable, de la France ait été dégradée par les trois principales agences de notation internationale, l'hiver dernier pour deux d'entre elles, récemment pour la troisième, le spread n'a pas bougé d'un iota car cela avait été anticipé. Mais la dette a été contractée, il faut la rembourser et, à nouveau, ceux qui pensent qu'on pourra l'éliminer d'un trait de plume racontent autre chose que la réalité. Cela dit, nous devons en effet nous doter d'instruments ou d'organisations pouvant contribuer aux financements dont nous avons besoin.
Il y a d'abord la BEI, dont c'est le rôle et qui doit être mobilisée à cet effet. Il y a aussi d'autres possibilités, dont je n'ai pas parlé tout à l'heure parce que cela ne m'appartient pas, mais j'ai entendu il y a quelques jours le président de la République française souligner la nécessité d'augmenter les ressources propres pour financer les grands projets d'intérêt général européens ; il a estimé les besoins à 1 000 milliards d'euros et je suis d'accord avec cette évaluation. Si les États membres en décident, c'est une voie possible pour disposer de plus de moyens pour financer des dépenses existentielles à taux zéro.
Je connais vos idées, Monsieur Roussel, sur l'évolution de la BCE, mais en discuter nous entraînerait assez loin. À mon sens, en termes de faisabilité immédiate, creuser la piste BEI nous permettrait de répondre à notre objectif commun de souveraineté et d'autonomie.