Je vous remercie de vos propos aimables au sujet de la mission parlementaire dont j'ai eu l'honneur d'être le corapporteur avec mon collègue Jean-Charles Larsonneur. Nous nous réjouissons d'entendre l'Europe, par votre voix, exposer une stratégie industrielle, ne pas seulement subir mais avoir la volonté ferme d'agir dans un monde où certains, les États-Unis par exemple, ont une stratégie très dure en ces matières.
Nous partageons le même objectif : accroître la part d'acquisitions intra-européennes dans les dépenses d'armement des États membres. À cet effet, l'élaboration d'un Buy European Act, dont je sais toute la difficulté, est-elle envisageable ? Peut-on limiter les financements Edip aux États membres qui s'attachent particulièrement à des acquisitions européennes ? Quelles mesures incitatives sont possibles ? Vous avez évoqué l'engagement de l'Europe en faveur d'actions communes, vitales, dans les espaces contestés. Quelle gouvernance est prévue en ce domaine et quelle est l'articulation avec les plans de défense de l'Otan ? L'un des freins à certaines coopérations européennes, notamment pour la France, est le désir de conserver la liberté de manœuvre pour exporter ; comment surmonter cet obstacle ? Enfin, des pays de plus en plus nombreux s'interrogent sur l'éventualité d'exclure une partie des dépenses de défense du pacte de stabilité ; même en Allemagne, certains se disent que ce ne serait pas absurde. Quelle est votre opinion à ce sujet ?