Le Gouvernement a engagé des travaux structurants destinés à documenter ces enjeux. Une mission conjointe de l'inspection générale de l'environnement et du développement durable (Igedd) et de l'inspection générale de l'administration (IGA) a dressé, avec l'appui du Cerema, un inventaire des biens existants assorti de projections à 2050 et 2100. Les rapports ont été publiés le 5 avril 2024 et les cartes d'exposition aux risques, mises en ligne, sont à la disposition de tous. D'ici à 2100, 450 000 logements, d'une valeur estimée à 86 milliards d'euros, seraient menacés en l'absence d'actions correctives, autrement dit en l'absence d'ouvrages de protection, lesquels trouvent souvent leurs limites à moyen ou long terme, comme beaucoup d'entre vous l'ont souligné. Il faut donc interroger nos stratégies d'aménagement, nous adapter à ces évolutions en privilégiant le rétro-littoral et mettre l'accent sur des solutions fondées sur la nature, pour accompagner le phénomène, tout en prenant compte les réalités sociales.
Un inventaire similaire sera lancé dans les prochaines semaines pour les outre-mer de manière à mieux objectiver et quantifier le phénomène sur chacun des territoires et proposer des solutions adaptées.
Face à cet enjeu majeur, le Gouvernement, en lien avec les collectivités locales, a déjà commencé à agir. Il va continuer à le faire à la fois pour éviter les constructions sur des surfaces exposées et pour anticiper les réponses à apporter pour les biens progressivement menacés.
La loi « climat et résilience » a placé la question de l'érosion du trait de côte au plus haut niveau de l'agenda politique. Cette évolution du cadre légal fournit à l'État comme aux élus de nouveaux outils pour accompagner la recomposition spatiale des territoires littoraux exposés et favoriser un aménagement opérationnel.