Intervention de Jean-Luc Mélenchon

Séance en hémicycle du mercredi 13 mars 2019 à 15h00
Croissance et transformation des entreprises — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Luc Mélenchon :

Pour ma part, je n'en crois pas un mot. Je pense, au contraire, que l'économie capitaliste est dépourvue de bon sens, qu'elle est erratique. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les crises se multiplient.

Qui donc doit piloter ? Pas la simple règle de l'offre et de la demande. Dans une économie arrivée à saturation, cette loi s'est transformée en une priorité pour l'offre : on ne se contente pas de proposer de bons produits, on crée le besoin de ces bons produits. C'est ainsi que l'on en est arrivé au monstre que nous avons sous les yeux : on produit toutes sortes de choses qui ne servent à rien, que personne n'a demandées, qui sont suremballées pour être séduisantes. C'est la catastrophe écologique elle-même sous forme de produits.

Qui doit piloter ? Nous pensons que ce ne peut pas être la combinaison des intérêts particuliers, que c'est l'intérêt général, autrement dit la raison. Je ne dis pas que celle-ci arriverait à tout régler, mais elle atteindrait un niveau de performance plus élevé que celui qui résulte du mécanisme aveuglé de l'offre et de la demande.

Non seulement elle serait meilleure, mais elle conduirait surtout à faire ce qu'il faut faire maintenant, c'est-à-dire imposer l'intérêt général. En effet, il est temps que certaines productions cessent, que certains matériaux ne soient plus utilisés, que certaines formes d'échange disparaissent, que la sobriété soit pratiquée dans la consommation d'une série de choses, à commencer par l'énergie, sans laquelle il n'y a aucune production.

En d'autres termes, il faut introduire la règle verte, que nous proposons d'inscrire dans la Constitution : cesser de prendre à la nature davantage qu'elle n'est capable de reconstituer. Par conséquent, l'humanité doit apprendre à se contenter de ce qu'elle peut reconstituer, de ce qui peut lui être offert dans ces conditions, à savoir, d'abord, ce qui est indispensable et doit être distribué à tous.

Ne croyez pas que cette vision soit si abstraite que cela. Dès lors que vous serez confrontés aux conséquences du changement climatique, vous serez obligés de prendre des dispositions, que cela fasse plaisir ou non à ceux qui auront à s'y plier. En général, quand le pays entre en guerre, en quelques mois, toute son économie tourne, elle est mise entièrement au service de l'activité en question, parce que l'intérêt général est en cause. Vous le savez aussi bien que moi, car vous avez tous lu, comme moi, les livres d'histoire et que vous en avez eu des échos dans vos propres familles.

Face à la catastrophe climatique, la gestion de l'économie nécessite que l'on en vienne à des principes qui s'imposent à tout et à des instruments qui en organisent le déploiement, en particulier la planification écologique. Oui, la planification !

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Cette législature étant désormais achevée, les commentaires sont désactivés.
Vous pouvez commenter les travaux des nouveaux députés sur le NosDéputés.fr de la législature en cours.