Intervention de Cécile Courrèges

Réunion du jeudi 21 juin 2018 à 8h30
Commission d'enquête sur l'égal accès aux soins des français sur l'ensemble du territoire et sur l'efficacité des politiques publiques mises en œuvre pour lutter contre la désertification médicale en milieux rural et urbain

Cécile Courrèges, directrice générale de la direction générale de l'offre de soins (DGOS) :

Je vous remercie de me donner l'occasion de m'exprimer sur la question des infirmières en pratique avancée, qui nous tient particulièrement à coeur à la DGOS. Cela me permettra aussi de rectifier un certain nombre de propos que l'on a pu lire dans la presse professionnelle.

Il s'agit pour nous d'une des réformes les plus structurantes pour l'avenir. Le Dr Varroud-Vial a fort justement rappelé tout à l'heure qu'il y a une évolution extrêmement importante des prises en charge, compte tenu du vieillissement de la population et du développement des maladies chroniques et des polypathologies. Cette évolution légitime de moins en moins le système français, qui a été largement construit sur le curatif et l'aigu : cela conduit davantage à des prises en charge et des suivis au long cours, qui peuvent être beaucoup plus facilement partagés entre différentes professions de santé, avec un rôle plus important pour les professions paramédicales.

Le développement des infirmières en pratique avancée s'inscrit totalement dans cet esprit, tout en permettant de combler un trou qui existait jusque-là dans notre système par rapport à celui d'autres pays – nous sommes très clairement en retard dans ce domaine. Notre système a été conçu selon deux niveaux : il y a les professions médicales, nécessitant dix ans d'études, et les professions paramédicales, qui en demandent trois ou quatre, sans que rien n'existe entre les deux. Nous allons désormais avoir une profession intermédiaire, de niveau master, soit cinq années d'études, dont la particularité sera certes d'être une profession infirmière, mais de donner aussi une capacité d'exercice médical. On parle en effet d'un certain nombre d'actes qui relèvent aujourd'hui de la compétence médicale. Cette « compétence élargie » va au-delà de la délégation de tâches telle qu'on a pu la connaître jusqu'à présent : cela devient un rôle propre. Il y a notamment la possibilité de renouveler des prescriptions et même de prescrire un certain nombre d'examens. C'est une révolution !

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