Intervention de Julien Aubert

Séance en hémicycle du jeudi 18 novembre 2021 à 9h00
Reconnaissance et réparation des préjudices subis par les harkis — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJulien Aubert :

À Marseille, certains harkis ont été directement intégrés en cité HLM. D'autres ont rejoint Mas-Thibert, fief du bachagha Boualam, qui n'était pas un camp à proprement parler. Une femme de Pertuis m'a envoyé cet autre témoignage : « Je suis née et j'ai vécu hors camp. Nous vivions à sept, dans une seule pièce. Nos conditions de vie étaient précaires, nous n'avions ni eau, ni électricité et nous ne mangions pas à notre faim. La discrimination était aussi notre quotidien, dans le domaine scolaire, professionnel et social. Ma famille et moi nous sentons exclus et rejetés à nouveau, comme dans notre enfance. Que dois-je comprendre ? Qu'il y a deux catégories de harkis ? Que mon père, qui a fait trois guerres pour la France, n'a pas les mêmes droits que les autres harkis ? » Si vous voulez qu'une telle loi soit utile et que nous la votions, ne hiérarchisez pas la souffrance.

Le projet de loi est ensuite incomplet car il ne prend pas en compte les dommages psychologiques liés aux camps et à la spoliation des droits. Puisque vous ouvrez une nouvelle étape, après Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, il nous faudra maintenant traiter consciencieusement et sérieusement le sujet, pour le clore définitivement.

Il y va aussi du signal politique que nous voulons envoyer, alors que votre politique mémorielle a été vivement décriée. Elle a débuté avec des propos injurieux du Président de la République sur la colonisation et s'est poursuivie avec le rapport de Benjamin Stora, ouvertement biaisé en faveur de la version algérienne du conflit. Or ces hommes qui ne portaient pas de prénom français et qui étaient de religion musulmane ont mieux défendu la France que certains traîtres à la nation. Comme l'a écrit le Comité national d'entente (CNE) des associations patriotiques, fallait-il laisser entendre, par la démarche de reconnaissance initiée par le Président Macron, que Maurice Audin, parce qu'il avait été une victime, devenait un héros, oubliant ainsi qu'il avait trahi sa patrie, ses concitoyens et l'armée française ?

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