Intervention de Jean-Christophe Lagarde

Réunion du mercredi 16 février 2022 à 14h45
Commission de la défense nationale et des forces armées

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Christophe Lagarde :

La LPM en cours montant progressivement en charge, je retiens d'abord la nécessité d'éviter les à-coups et de préparer assez rapidement la suivante. La présente LPM est en effet une loi de reconstruction et de rattrapage, non de glissement vers la haute intensité. À quelle échéance nos armées doivent-elles être en mesure d'assumer un conflit de haute intensité, avez-vous fixé un objectif ? Compte tenu des impératifs de temps et de moyens, nous faut-il trois, cinq, dix ans pour remonter suffisamment en puissance ? Je crains que la géopolitique et la conflictualité du monde ne nous laissent pas le temps d'aller lentement.

Quelle est votre appréciation de l'intention russe en Ukraine, du point de vue militaire : une capacité de 130 000 hommes permet-elle d'envahir le pays, et de le tenir ? La question se pose pour évaluer ce que les Russes veulent ou ne veulent pas faire, militairement parlant.

Concernant la situation au Mali, les déclarations sont nombreuses pour dire qu'on ne veut pas abandonner le Sahel, mais d'autres considérations montrent qu'on ne peut plus rester au Mali bien longtemps, contre la volonté à la fois d'une junte qui a pris le pouvoir et se fait défendre par des mercenaires, et d'une partie de la population qui a été rendue hostile à nos armées de façon très injuste compte tenu du travail exemplaire qu'elles ont effectué.

Étant donné la géographie de la région et l'évolution des conditions politiques dans les pays voisins, peut-on rester dans la bande sahélienne et combattre les terroristes, comme nos armées le font depuis des années ? L'élongation est-elle possible en restant opérationnel, malgré l'attitude de l'Algérie et les incertitudes politiques par exemple au Niger ou au Burkina Faso ? Les armées apprécient-elles une sécurité politique potentielle de leur implantation – car on ne peut pas changer de mode d'organisation opérationnelle tous les ans ? Et qu'en est-il de l'acceptabilité des populations ? J'ignore ce que l'on pense de la France au Niger et au Burkina Faso, même si malheureusement je ne sais que trop bien ce que l'on en pense au Mali.

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