Intervention de Philippe Vigier

Réunion du mercredi 7 juillet 2021 à 9h30
Commission des affaires sociales

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPhilippe Vigier :

Ce travail parlementaire constitue une construction très positive en faveur de cette maladie de Lyme, maladie oubliée à l'instar des maladies orphelines, qui n'ont jamais suscité de véritable attention non seulement de ceux qui sont en charge d'élaborer les politiques de santé, les ministères et leurs déclinaisons locales constituées par les ARS, mais également des médecins, que ces maladies déroutent.

Vous avez insisté sur le mot « errance » qui, en effet, caractérise parfaitement les patients atteints de la maladie de Lyme. Nous connaissons les limites depuis de nombreuses années. Comme biologiste, je sais combien les faux positifs et faux négatifs troublent le suivi thérapeutique des patients et leur prise en charge par les médecins qui se trouvent devant un vide.

Certaines de vos préconisations s'imposent.

En effet, comment pouvons-nous expliquer aux Français que nous créons un vaccin contre la covid alors que depuis de longues années, la maladie de Lyme a été tellement oubliée que nous ne lui avons consacré aucun moyen ?

En matière de recherche, il appartient aux doyens des universités, aux universitaires, de donner des impulsions et d'inciter les étudiants à rédiger des thèses d'État sur cette thématique.

Les tests PCR existent et nous disposons d'une bonne connaissance des autres spirochètes. Pour quelles raisons la bactérie à l'origine de la maladie de Lyme a-t-elle été oubliée ? L'hôpital Saint-Louis détient une renommée mondiale en matière de prise en charge des maladies infectieuses et pourtant, aucun programme de recherche relatif à la maladie de Lyme n'a été déployé au cours de ces dernières années.

La protocolisation des traitements est également essentielle. En effet, il n'est pas tolérable qu'un patient de Figeac soit traité différemment d'un patient soigné à Châteaudun en Eure-et-Loir ou à Bayonne. L'harmonisation des protocoles est capitale.

Il me semble également important de créer, en accompagnement des médecins généralistes, une filière de référence sur le modèle de celles qui existent déjà pour de nombreuses maladies dont la déclaration est obligatoire. Le généraliste est omnipraticien, mais il ne peut pas tout savoir sur tout. Si nous ne l'aidons pas lorsqu'il en a besoin, c'est le patient qui se retrouve à l'abandon.

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