Intervention de Michel Zumkeller

Réunion du mercredi 26 janvier 2022 à 17h00
Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMichel Zumkeller :

Merci de cette présentation, messieurs les ministres, même si nous aurons un avis un peu différent sur certains sujets.

La crise sanitaire que nous avons traversée a été un tsunami économique et financier, que personne n'avait pu prévoir. Nous sommes ravis de constater que la France commence à sortir la tête de l'eau, sans pourtant que nous puissions afficher le même optimisme que vous concernant les réalités économiques à venir. L'état de nos finances publiques est très préoccupant. Le poids de la dette nous oppresse et engage désormais non seulement nos enfants et petits-enfants, mais également nos arrière-petits-enfants. La dette ponctuelle liée au covid, évaluée à 165 milliards d'euros, sera remboursée à hauteur de 1,9 milliard par an, soit durant quatre-vingts ans. En matière de gestion, ce n'est tout de même pas très cohérent.

La hausse des produits de première nécessité affecte de manière insupportable un grand nombre de nos concitoyens. Nous sommes favorables à des réformes structurelles qui, pour l'instant, ne sont pas faites. Les récentes déclarations du gouverneur de la Banque de France ne font que confirmer nos inquiétudes. Selon lui, si, aujourd'hui, « la croissance tient bon », à moyen terme, lorsque la France sera sortie de la crise sanitaire, l'image devrait s'inverser : on aurait la bonne inflation, mais pas assez de croissance, et il sera donc indispensable de mener des réformes de fond. Nous pourrons nous entendre sur ce point.

S'agissant de l'énergie, nous comprenons mal le poids que vous faites porter à EDF. Vous lui demandez de vendre à perte à hauteur de 8 milliards – nous pensions pourtant que la vente à perte était interdite dans notre pays. Cela pénalise l'entreprise, dont les actions ont perdu 20 %. L'État en étant le premier actionnaire, c'est notre actif que l'on dévalorise ainsi. Or, l'habitant du territoire de Belfort que je suis en est pleinement conscient, cet effort intervient à un moment crucial, où l'on demande à EDF d'investir dans la filière nucléaire. Il y a là une incohérence, sachant qu'à la fin, il faudra bien que l'État paie ces 8 milliards – il est vrai que ce sera plus facile en juin ou juillet…

Enfin, toujours en matière d'énergie, j'ai été heureux d'apprendre que les mesures de soutien à nos concitoyens ont coûté 15 milliards – quand nous examinions le budget, nous n'avions pas réussi à obtenir de chiffre : on tournait autour de 5 ou 6 milliards, voire 8… Quels montants aviez-vous prévus pour l'énergie et le carburant en élaborant le budget ? Cela nous permettrait de savoir quelle marge l'État retrouve lorsque les prix augmentent.

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