Intervention de Elsa Faucillon

Séance en hémicycle du lundi 29 mars 2021 à 21h00
Lutte contre le dérèglement climatique — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaElsa Faucillon :

Hier, l'ancien ministre de la transition écologique et solidaire dénonçait l'opposition systématique des militants pour le climat, mais peut-être ceux-ci aimeraient-ils simplement pouvoir compter sur les ministres chargés de notre avenir ?

Comme beaucoup d'autres, je marchais hier avec les actrices et acteurs incontournables de la lutte contre le changement climatique, parmi nos concitoyens, les jeunes et les moins jeunes, les syndicats, les partis et les associations. Nous étions nombreux pour exiger une vraie loi pour le climat et surtout pour dénoncer l'inaction des pouvoirs publics face à la destruction de nos biens communs. Car oui, le plus grave, c'est ce que vous ne faites pas.

Les membres de la Convention citoyenne pour le climat, tirés au sort et qui des mois durant ont planché sur des propositions d'actions concrètes le répètent : ce projet de loi est une suite de mesurettes visant à verdir le discours d'un président en quête de popularité, un président qui ne savait pas comment se sortir du mouvement des gilets jaunes et qui est évidemment incapable de faire autre chose que du greenwashing. Comment pourrait-il en être autrement quand, dans le combat contre la destruction de la planète, vous vous refusez à affronter la concurrence libre et non faussée, le dumping social, l'hyperconsommation, pendant du capitalisme, le souci de rentabilité pour tout ce qui concerne nos vies, les traités de libre-échange, quand vous continuez d'affaiblir les services publics ?

Puisqu'il s'agit pour le Président de la République de préserver les grands intérêts privés, le texte a renoncé, dès le départ, à s'attaquer aux causes profondes du réchauffement climatique. Les propositions ambitieuses de la Convention ont été balayées d'un revers de main : ISF – impôt de solidarité sur la fortune – climatique, taxe sur les dividendes, responsabilité climatique des grandes entreprises, encadrement strict du transport aérien… Les exemples ne manquent pas.

Pour opérer les changements nécessaires, la démocratie devra déployer tous ses outils, à toutes les échelles. Nous constatons une fois de plus que ce n'est pas votre fort : après avoir évincé ou rabougri les propositions de la Convention citoyenne pour le climat, vous avez massivement rejeté les amendements, du moins ceux qui n'avaient pas été jugés irrecevables au préalable.

De l'ambition, de la volonté politique et des actes forts : voilà ce qui est nécessaire et que nous attendions – même si, je le reconnais, nous ne l'espérions pas. Vos renoncements nous mettent en danger. Notre société le comprend de mieux en mieux, ce qui suscite un formidable espoir et nous offre un formidable levier.

La majorité sous-estime très certainement la conscience qu'ont les classes populaires de l'urgence climatique. Tout d'abord, elles en affrontent très concrètement les ravages ; l'écologie n'est pas qu'une préoccupation bourgeoise. Elle est aussi une aspiration collective à vivre mieux, à vivre ensemble et à vivre en décidant de notre destinée commune.

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