Intervention de Dimitri Houbron

Séance en hémicycle du mardi 24 novembre 2020 à 15h00
Sécurité globale — Explications de vote

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaDimitri Houbron :

Je commencerai par revenir sur les événements survenus hier soir, qui ne sauraient être occultés dans ce débat. C'est une évidence, la police doit être protégée et respectée comme symbole de l'autorité de l'État et détentrice du monopole de la violence légitime. Toutefois, cette mission l'oblige à un comportement exemplaire. La doctrine de maintien de l'ordre public doit évoluer et prendre en considération à la fois le besoin de rigueur vis-à-vis de ceux qui cassent et agressent violemment, et la nécessité d'agir avec mesure et humanité face à ceux qui protestent et s'expriment pacifiquement.

Le groupe Agir ensemble renouvelle une nouvelle fois son soutien indéfectible à la proposition de loi des rapporteurs Alice Thourot et Jean-Michel Fauvergue. Cette loi sera l'un des grands marqueurs du quinquennat et nous contribuerons, en l'adoptant, à protéger ceux qui nous protègent. Rappelons-le, chaque jour, en moyenne, cent dix policiers, gendarmes et pompiers sont agressés. Ne rien faire aujourd'hui, c'est lâcher celles et ceux qui risquent quotidiennement leur vie pour nous.

Le groupe Agir ensemble souscrit à l'intégralité des mesures contenues dans ce texte, enrichi de plusieurs avancées en séance. Nous saluons notamment la clarification de l'article 10 grâce à nos collègues du groupe Mouvement démocrate MoDem et démocrates apparentés. Une incompatibilité d'activité de sécurité privée est désormais prévue lorsqu'une personne est titulaire d'un casier judiciaire – il s'agit d'une marque d'exemplarité indispensable.

Je salue, dans un autre registre, les deux amendements de mon collègue Loïc Dombreval, qui ont permis de prendre en considération le respect du bien-être animal dans la formation de ceux qui travailleront avec les chiens au sein de la police municipale et dans le cadre de la sécurité privée. La rédaction de l'article 24 a également été retravaillée par le Gouvernement et les rapporteurs afin d'étendre la protection aux agents de police municipale, ce que nous jugeons satisfaisant. La police municipale est un chaînon majeur du continuum de sécurité. Des images édifiantes et malveillantes ne doivent pas pouvoir être jetées en pâture sur les réseaux sociaux.

Enfin, l'adoption de l'amendement de notre groupe qui autorise le garde champêtre à recourir aux appareils photographiques dans le cadre de la lutte contre les atteintes aux propriétés rurales et forestières est évidemment une belle avancée. Nous avons aussi noté l'engagement du ministre de l'intérieur de prendre divers décrets pour permettre aux policiers municipaux d'avoir accès au fichier des véhicules volés, en lien avec leurs compétences en matière routière, mais surtout au fichier des personnes recherchées. Chaque jour qui passe sans que ces accès ne leur soient autorisés fait aussi perdre du temps à la police nationale.

Enfin, je note la création de la police municipale de Paris, soit un tournant historique et trop souvent occulté dans nos débats. Je salue le travail accompli depuis plusieurs années par mon collègue Pierre-Yves Bournazel, élu de Paris, qui a milité activement pour cette création. C'est chose faite aujourd'hui !

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