Intervention de Philippe Vigier

Séance en hémicycle du lundi 18 mai 2020 à 16h00
Questions sur le thème : quelles réponses pendant et après la crise du covid-19 pour améliorer la sécurité sanitaire

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPhilippe Vigier :

Il ne vous étonnera pas que je vous interroge sur les agences régionales de santé, madame la secrétaire d'État, car j'ai dénoncé, devant la commission d'enquête parlementaire sur l'égal accès aux soins des Français sur l'ensemble du territoire, le caractère technocratique, décalé, étatisé à l'excès des ARS – pas toutes, puisque les choses se sont bien passées dans certaines d'entre elles, et je ne parle évidemment pas du Grand Est, où le Gouvernement a pris ses responsabilités. L'action de l'antenne de mon département a été satisfaisante, mais on ne saurait en dire autant au niveau régional – ma collègue ici présente se souvient peut-être d'une réunion annulée à la dernière minute alors qu'il devait y être question de stratégie. Face à un drame comme celui du covid, il faut de la réactivité et mieux vaut que la technostructure ne s'impose pas.

Or je déplore une nouvelle fois – et vous n'y êtes pour rien, madame la secrétaire d'État, car vous n'avez créé ni les ARS ni celles qui les ont précédées, les agences régionales de l'hospitalisation – que la technostructure se soit imposée. Premier exemple : lorsque le Premier ministre – je l'avais interrogé à ce sujet aux questions au Gouvernement et je sais notre collègue Jeanine Dubié attentive en la matière – a décidé d'autoriser les visites familiales dans les EHPAD, un formulaire de dix-huit pages a été adressé aux directeurs de ces établissements. Et encore les élus locaux n'ont-ils même pas été contactés : tout juste les a-t-on informés que les visites se dérouleraient à l'extérieur, derrière une protection en plastique, et qu'il faudrait se débrouiller en cas de pluie – mais passons sur ce détail.

Deuxième illustration : j'ai été affecté par le covid-19, sur le plan personnel et professionnel, puisque j'exerce une profession de santé. Nous avons mis sur pied des centres d'orientation et de diagnostic, en partant du principe qu'il valait mieux ne pas contaminer les cabinets médicaux ni encombrer les urgences. Quinze jours plus tard, nous avons reçu une visite dont l'objet était de vérifier la conformité de ce centre ! C'est extraordinaire ! Je ne mentionne même pas les masques ni les tests de sérologie que certains départements voulaient déployer.

Il est temps de mettre fin aux dyarchies, voire aux triarchies. C'est au préfet qu'il revient de disposer de l'intégralité des prérogatives des ARS. Il y va pour le Gouvernement de l'efficacité et de la réactivité !

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