Intervention de Olivier Véran

Séance en hémicycle du mardi 14 avril 2020 à 15h00
Questions au gouvernement — Stratégie en matière de dépistage

Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé :

J'ai eu l'occasion de répondre à trois reprises qu'il n'était pas indispensable de tester tous ceux qui ne présentaient aucun symptôme. Je me permets d'y insister en prenant votre exemple, madame Kuster.

Imaginons que vous souhaitiez pour vous-même un dépistage PCR alors que vous ne présentez aucun symptôme et que vous ne connaissez personne dans votre entourage proche qui soit malade. Imaginons que nous soyons à même de réaliser 60 millions de tests PCR par jour, ce dont, au passage, aucun pays au monde ne serait capable, ni même tous les pays réunis. Imaginons donc que je vous réponde par l'affirmative. Vous n'avez pas de symptômes, vous n'avez pas été en contact avec des personnes malades et, à l'issue du test, vous êtes négative ; c'était attendu.

Le lendemain, reviendrez-vous me voir, après avoir pris le bus, vous être promenée dans la rue ou avoir fait des courses, pour savoir si vous n'êtes pas devenue positive ? Et le surlendemain également ? Cela n'a pas de sens, madame Kuster, et le Président de la République a eu raison de l'affirmer.

Voici ce qui est fondamental : si vous avez de la fièvre, de la toux, ou si une personne de votre proche entourage est malade et que des indices vous font légitimement penser que vous êtes vous-même malade, nous devrons être en mesure de vous tester et, si vous êtes effectivement malade, de vous isoler.

Enfin, arrêtons de comparer en permanence la situation de la France avec celle d'autres États. D'abord, nous sommes le seul pays à communiquer en toute transparence l'ensemble des données dont nous disposons. Nous communiquons même des données incomplètes en matière de tests : si vous consultez le site internet de Santé publique France, vous verrez que les chiffres sont basés sur une enquête concernant trois laboratoires de ville, alors que soixante-dix laboratoires font des tests. Il est donc très probable que la France réalise entre 150 000 et 200 000 tests – c'est-à-dire bien plus que ce que nous disons nous-mêmes, mais nous préférons indiquer clairement les données dont nous disposons. Rappelons qu'en Allemagne, on pratique entre 250 000 et 300 000 tests.

Nous augmentons et continuerons d'augmenter nos capacités à réaliser des tests PCR au cours des semaines à venir. L'enjeu est d'être prêts pour dépister toute personne symptomatique. J'espère vous avoir convaincue.

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