Intervention de Marielle de Sarnez

Séance en hémicycle du vendredi 29 mars 2019 à 9h30
Coopération en matière de défense avec le nigéria — Présentation

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMarielle de Sarnez, présidente de la commission des affaires étrangères :

Je remercie la rapporteure de la commission des affaires étrangères, Amélia Lakrafi, pour son excellent rapport et son excellente connaissance du pays dont nous parlons, ce qui peut, parfois, être utile.

Le Nigéria, vous l'avez rappelé, madame la rapporteure, est un grand pays de près de 200 millions d'habitants, dont 63 % ont moins de 25 ans. C'est dire l'extrême jeunesse de ce pays et son potentiel démographique immense. En 2050, il pourrait devenir le troisième pays le plus peuplé au monde, devant les États-Unis, avec 400 millions d'habitants.

Nous savons tous que cette démographie et cette jeunesse représentent également un défi, que le Nigéria partage avec de nombreux pays africains, à commencer par ses voisins du G5 Sahel. Le nord du Nigéria fait partie du Sahel et en partage les difficultés. Ainsi, dans certains États du Nord, le chômage des jeunes peut atteindre 80 % ! C'est là que Boko Haram sévit : plus de 20 000 morts, des millions de déplacés et l'enlèvement des 276 jeunes lycéennes, en avril 2014, auquel vous avez fait référence, madame la secrétaire d'État, et dont nous nous souvenons tous.

Pour que le Sahel et l'Afrique de l'Ouest se portent bien, il faut que le Nigéria aille bien. Nous avons un intérêt évident à la stabilisation militaire, au décollage économique et au développement social de cette région. D'ailleurs, la France s'y attelle au quotidien, via son soutien diplomatique, économique et militaire constant au G5 Sahel.

Aujourd'hui, le Nigéria traverse une passe difficile et doit affronter de multiples défis politiques, démocratiques et sécuritaires, ainsi que des violences intercommunautaires, une conjoncture économique adverse et la grande pauvreté d'une très large partie de sa population. Il est donc, pour nous, très important de renforcer notre coopération militaire – la coopération de défense, dont nous a parlé Mme la secrétaire d'État – et l'échange de renseignements, à l'instar de ce que font les Britanniques et les Américains. Cela est indispensable pour lutter contre le terrorisme et la piraterie maritime.

À notre sens, toutefois, cette coopération doit dépasser le seul cadre de la défense. D'ailleurs, l'un des piliers de notre coopération militaire avec le Nigéria est l'enseignement du français dans les armées. Le Nigéria et le Ghana sont les deux seuls pays anglophones de la communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest – CEDEAO – , qui est un espace essentiellement francophone. Il nous faut défendre la francophonie dans cette région du monde. À cet effet, nous avons récemment ouvert une nouvelle Alliance française à Lagos, ce dont nous pouvons nous féliciter.

Le Nigéria, mes chers collègues, est une grande puissance émergente, où la France est encore bien trop absente. Nous devons élargir notre partenariat au-delà de la coopération de défense et le dynamiser dans les domaines économique, social et culturel, via, par exemple, des échanges entre jeunes. C'est pourquoi je vous propose, évidemment, d'adopter ce projet de loi.

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