Intervention de Muriel Pénicaud

Séance en hémicycle du mercredi 27 mars 2019 à 15h00
Questions au gouvernement — Pôle emploi

Muriel Pénicaud, ministre du travail :

Tout d'abord, monsieur Viry, je vous remercie d'avoir salué l'amorce d'une baisse du chômage, même si beaucoup reste à faire. De 9,7 %, le taux de chômage a en effet été ramené à 8,8 % en moins de deux ans. C'est encore beaucoup trop, et l'action en ce domaine reste une priorité majeure pour notre pays, mais c'est encourageant. Nous sommes ainsi passés sous la barrière psychologique des 9 %, que certains désignaient comme celle du chômage structurel et que, pour ma part, j'appelais le taux de l'impuissance.

Nous sommes donc en progrès, mais il nous faut intensifier nos actions. Celles-ci sont de quatre ordres. La première action est celle qui cible les compétences, les compétences et encore les compétences. Dans notre pays, une entreprise sur deux ne trouve pas les compétences dont elle a besoin sur le marché du travail, car elles n'existent pas. Il faut donc les coconstruire : c'est tout le sens de la réforme de l'apprentissage et de la formation professionnelle, la loi « avenir pro », et du plan d'investissement dans les compétences. En cinq ans, ce sont 1 million de jeunes demandeurs d'emploi qui seront formés, certains ayant déjà commencé à l'être.

Deuxième sujet : certains de nos concitoyens, vous l'avez rappelé, ont besoin d'un tremplin vers l'emploi. À cette fin, Cap emploi s'est rapproché de Pôle emploi : c'est tout l'enjeu de l'insertion par le monde économique, au sein des entreprises adaptées. Rapporteur pour avis du projet de loi de finances, vous êtes au fait de notre action en ce domaine, qui est une priorité importante.

Troisième axe : les règles de l'assurance chômage, qui ne vont pas toujours dans le sens de l'emploi. Le rôle de Pôle emploi est essentiel. Nous négocions actuellement, avec les partenaires sociaux, la convention tripartite qui s'appliquera à cet établissement. Nous nous rejoignons sur l'idée d'un accompagnement plus précoce et plus intensif car, plus tôt un demandeur d'emploi est accompagné, plus facilement il retrouve un emploi. Sans cela, une perte de confiance s'installe avec le temps, ainsi qu'une perte de crédibilité sur le CV.

Nous voulons aussi mener une action plus offensive sur l'accompagnement des bénéficiaires du RSA, en lien avec les départements, et sur les demandeurs d'emploi de longue durée. Pôle emploi dispose aujourd'hui des moyens pour conduire ces actions. Les nombreux services administratifs digitalisés, en particulier, nous permettent d'investir pour ces progrès.

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